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Wednesday 8th of July 2020

Press Room

Avec l'happy slapping, la violence scolaire s'immortalise sur les réseaux sociaux

Monday 29th of July 2019 | Europe, France
BFM TV
News

À 11 ans, Romain a été violemment agressé, son lynchage filmé et diffusé sur Facebook. Un traumatisme qui l'a poursuivi tout au long de sa scolarité. Comme lui, de nombreux jeunes ont subi cette humiliation, rendue plus fréquente avec les nouveaux réseaux sociaux.

Quand les réseaux sociaux dopent la délinquance

De Facebook à Grindr, les réseaux sociaux sont devenus le terrain de jeu d’une nouvelle délinquance qui n’a, elle, rien de virtuelle. Dérive marginale ou phénomène répandu? BFMTV.com présente en cinq épisodes différents visages de cette criminalité numérique.

Un jour d’automne 2012, Angèle Martin entend son fils de 11 ans parler d’une "bagarre" qui a éclaté au collège. Une échauffourée somme toute banale entre adolescents. Mais quelques semaines plus tard, un coup de fil la prévient que l’altercation était en réalité une violente agression. Romain a été lynché, mis à terre puis "tabassé" par une dizaine d’enfants. La scène a été filmée et diffusée sur Facebook.

Elle découvre que son fils a été victime d’happy slapping. Littéralement "joyeuses baffes" en français, ce terme désigne le fait d’enregistrer et de diffuser sur les réseaux sociaux la vidéo d’une agression. Interdite en France depuis 2007, cette pratique est la première infraction spécifiquement liée au numérique à être entrée dans le Code pénal. Douze ans plus tard, ce phénomène est loin d’avoir disparu. Avec la multiplication des réseaux sociaux, il continue de faire de nouvelles victimes, comme à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) en mai dernier, lorsque deux filles de 16 et 17 ans ont frappé une adolescente au sol puis diffusé la vidéo sur Snapchat.

Théâtraliser l’agression

Professeur d’histoire-géographie dans l’établissement breton où était inscrit son fils, Angèle Martin raconte à BFMTV.com qu’à la suite de cet appel, ce dernier "s’est décomposé". Ce qu’il tente de cacher depuis plusieurs semaines ressort, et commence alors "une descente aux enfers" de 18 mois. Elle se souvient "des cauchemars à répétition", de Romain "seul dans la cour de récréation, prostré sur un banc", "des notes qui dégringolent", et puis le "couteau qu’il se plante dans le ventre au cours d’un dîner."

La vidéo de son agression a fait le tour des portables de ses camarades. Une façon, pour les agresseurs de "théâtraliser le harcèlement et l’agression", nous explique Emmanuelle Piquet, psychopraticienne et fondatrice de centres de consultations dédiés aux souffrances scolaires Chagrin scolaire, qui ajoute que les Smartphones offrent un nouveau "public numérique" aux auteurs.

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