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Tuesday 28th of January 2020

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Comment mieux protéger les enfants victimes des violences conjugales

Wednesday 31st of July 2019 | Europe, France
La Croix
News

Alors que le gouvernement a annoncé la tenue d’un Grenelle des violences conjugales en septembre, des professionnels appellent à une meilleure prise en compte des enfants de ces couples.

L’an dernier, 21 mineurs sont décédés sur fond de violences conjugales et beaucoup d’autres restent longtemps otages de ces violences.

Marguerite Binoix est aujourd’hui une femme et une mère apaisée. Pourtant, pendant une vingtaine d’années, elle a vécu un enfer conjugal (1). « Quand mon mari me frappait, j’avais beaucoup plus peur pour mes filles que pour moi, analyse-t-elle avec le recul. Je me suis arrangée pour qu’elles en sachent le moins possible. Elles me voyaient m’étioler et mourir à petit feu mais elles n’ont pas toujours fait le lien avec leur père. »

Depuis, elle s’est investie dans l’aide aux victimes et constate souvent l’étendue des dégâts sur les enfants. « Je ne connais pas d’anciennes victimes de violences conjugales qui n’aient pas de problèmes de relation avec ses enfants. C’est trop compliqué. Les enfants nous jugent parfois durement pour avoir accepté d’endurer les coups, alors même que bien souvent nous ne l’avons fait que pour pouvoir rester avec eux et tenter de les protéger. »

82 enfants sont restés orphelins

Aujourd’hui adultes, ses filles ont pris leur envol, se sont mariées et sont devenues mères à leur tour. Mais tous les enfants exposés aux violences conjugales n’ont pas eu la chance de s’en sortir. L’an dernier, 21 enfants ont trouvé la mort dans ce contexte : alors même que leur mère était initialement visée, eux aussi sont décédés sous les coups de leur père. 82 sont par ailleurs restés orphelins de l’un des deux parents ou des deux, selon les derniers chiffres de la délégation aux victimes de la police et de la gendarmerie.

Et ceux qui en réchappent sont très marqués. « Ces violences créent un stress post-traumatique, qui se manifeste par des angoisses très profondes. En grandissant, ces enfants peuvent multiplier les atteintes à eux-mêmes – dépression, addictions, pensées suicidaires, etc. – ou les atteintes aux autres », explique Edouard Durand, juge des enfants au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

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