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Samedi 11 Juillet 2020

Salle de Presse

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) publie un rapport sur les enfants touchés par la violence et la criminalité

Thursday 28th of April 2016
justice pour mineurs dans le monde

Dans son dernier rapport thématique, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) étudie le problème de la violence et du crime organisé au sein des pays du continent américain et accorde une attention particulière à la question des enfants et des adolescents.


Même si l’opinion publique attribue les problèmes d’insécurité et de violence dans la région aux adolescents – surtout aux jeunes hommes qui habitent les quartiers défavorisés -, le rapport démontre en réalité que ce sont les adolescents et les enfants qui sont le plus touchés par la violence, la violation des droits et le crime organisé. Dans cette publication, le CIDH considère que la réponse des gouvernements de la région est inadéquate et que leurs efforts pour protéger les enfants les plus touchés par cette situation ne sont pas suffisants.

L’un des points centraux d’analyse du rapport concerne le problème relatif aux gangs (maras) et à d’autres organisations criminelles similaires actives dans la région. La Commission dresse une liste d’actions du mode opératoire du recrutement de ces gangs, qui vont des formes de pression, aux menaces, en passant par les supercheries où le jeune s’imagine qu’il obtiendra des opportunités, une reconnaissance, une protection et le sentiment d’appartenir à un groupe. Une fois dans l’organisation, les enfants et les adolescents sont non seulement maltraités, exploités, et forcés à consommer de la drogue, mais ils sont aussi sévèrement punis s’ils enfreignent les règles internes du groupe ou tentent de s’échapper.

Il est important de mentionner que, dans ce contexte d’insécurité, les filles sont touchées de façon différente que les garçons, et sont les principales victimes de violence sexuelle et sexiste. Selon le CIDH, les politiques et les programmes en vigueur pour prévenir la violence contre les femmes sont en majorité insatisfaisants. Pire encore, dans beaucoup de pays, les femmes qui ont été victimes de violence sexuelle sont stigmatisées et criminalisées.

Par ailleurs, le rapport cherche à démontrer l’ampleur de la violation des droits de l’enfant et fait ainsi référence au taux d’homicide chez les adolescents. Les homicides sont devenus la principale cause de mortalité parmi les adolescents de sexe masculin dans plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Un autre effet direct de l’insécurité dans la région est l’augmentation importante du nombre d’enfants migrants non accompagnés. La Commission démontre que presque tous les cas sont la conséquence des menaces et des craintes de la violence qui sont perpétrées par les gangs et les organisations criminelles et qui convergent souvent avec les problèmes socio-économiques des pays d’origine des enfants.

En général, les réponses du gouvernement à l’insécurité prennent la forme de politiques fortement axées sur une surveillance coercitive de l’application des lois et sur une répression punitive à travers le système de justice pénale. Cependant, ces politiques visent des résultats à court terme et ne s’attaquent pas de manière adaptée aux causes sous-jacentes. Elles ne favorisent pas non plus les mécanismes de prévention comme les programmes d’investissements dans les services sociaux ou dans la défense des droits.

La Commission souligne que ces politiques élaborées pour surveiller et réprimer les organisations criminelles ont souvent conduit à des pratiques abusives et arbitraires par les autorités à l’encontre des adolescents. Par ailleurs, les mesures de privation de liberté adoptent surtout une approche punitive et rétributive au lieu de favoriser la réhabilitation et la réintégration sociale.

La Commission conclue le rapport en indiquant que les niveaux élevés de violence et de criminalité dans l’ensemble de l’hémisphère constituent un problème grave du point de vue des droits de l’homme car les enfants et les adolescents se retrouvent exposés à une série de violations des droits de l’homme. La Commission indique par ailleurs que cette situation recouvre de multiples aspects et rappelle qu’elle requière des politiques publiques globales qui incluent les diverses causes structurelles, s’attaquent aux facteurs de risques et renforcent les mécanismes existants de protection, dans le respect des droits de l’homme.

L’OIJJ salue l’étude approfondie du CIDH et soutient ses objectifs de protection des droits de l’enfant, aussi bien en tant que victime que jeune contrevenant nécessitant une aide certaine en vue de sa réhabilitation, dans une région où les taux de criminalité et de violence constituent un défi complexe de taille pour les systèmes de justice juvénile.

Par ailleurs, l’OIJJ rassemblera des experts de la justice juvénile de toute l’Amérique latine au cours de la Première Rencontre du Conseil Latino-américain de Justice Juvénile qui aura lieu en septembre à Carthagène des Indes (Colombie) afin de favoriser la collaboration et le partage des connaisances sur les problématiques qui touchent les enfants en contact avec les systèmes de justice juvénile de la région.


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