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Mercredi 27 Mai 2020

Salle de Presse

«Poser un cadre à ses enfants ne veut pas dire les surveiller»

Friday 9th of August 2019 | Europe, Suisse
Migros Magazine
Nouvelle

Cyberharcèlement, images violentes et pornographiques… Liliane Galley, cheffe de projet à la plateforme nationale «Jeunes et médias», analyse les situations à risques auxquelles de plus en plus d’enfants et d’ados sont exposés sur la toile.

Encadrer la consommation que font les jeunes d’internet, est-ce devenu l’un des principaux enjeux éducatifs de notre époque?

Oui, c’est un enjeu central. Dans les années 1980, les parents se battaient par rapport aux sorties de leurs enfants. Les jeunes étaient alors confrontés à la fumée, à l’alcool, aux drogues et les parents mettaient des règles avec des horaires de sortie. Aujourd’hui, la situation a changé: l’attention s’est déportée vers internet car les jeunes y sont presque davantage vulnérables qu’à l’extérieur. D’ailleurs, on constate que la violence dans les espaces publics a fortement baissé dès le milieu des années 2000 jusqu’à 2015. L’une des explications possibles est que les jeunes sont plus souvent et plus nombreux sur les réseaux sociaux que dehors… Mais cela ne signifie pas que les risques ont diminué. Ils ont simplement changé de forme.

D’ailleurs, selon l’étude EU Kids Online sortie en mai, la moitié des jeunes suisses entre 9 et 16 ans ne se sent pas en sécurité sur le net…

Oui, cela nous indique qu’il existe un vrai problème, mais aussi que ces jeunes n’ont pas forcément tous les outils pour se protéger. Il y a donc encore un grand travail de sensibilisation et de développement des compétences médiatiques à réaliser auprès d’eux. D’un autre côté, on peut voir ces résultats comme un signe positif: le fait que les jeunes se rendent compte qu’ils sont vulnérables signifie quelque part, qu’ils ont conscience des risques et qu’ils ne sont pas complètement naïfs par rapport à ces outils numériques. C’est donc un devoir de notre génération de faire en sorte que les jeunes puissent utiliser internet de manière sûre. C’est un grand défi de notre société.

Quelles sont les situations à risques auxquels ces jeunes sont confrontés?

Il y en a beaucoup mais je vais citer les catégories les plus fréquentes. La première concerne les contenus problématiques générés par les autres utilisateurs. Par exemple, des jeunes qui postent des vidéos avec des scènes très violentes où il est question de torture, de suicide ou encore d’exécution. On trouve aussi des tutoriels liés à l’expérimentation de drogues ou à la fabrication d’armes qui expliquent comment les fabriquer et les utiliser. Certains sites mettent aussi l’anorexie ou encore l’automutilation en avant.

Ces contenus constituent-ils le risque principal?

Oui, d’ailleurs 64% des 15-16 ans y ont déjà été confrontés. La deuxième catégorie porte sur les contenus à caractère sexuel. Cela va des photos et vidéos pornographiques diffusées intentionnellement par d’autres jeunes via Whatsapp ou Messenger au grooming, soit lorsqu’un adulte demande à un mineur de se photographier nu ou de se filmer. On observe aussi dans l’étude que beaucoup de jeunes rencontrent des inconnus sur internet et que pour 30% d’entre eux, cela se poursuit par une rencontre dans la vraie vie. Ils se mettent donc en danger même si la majorité des rendez-vous se passent bien. La troisième catégorie est liée à la discrimination sur internet. Les jeunes deviennent la cible de contenus haineux dès qu’ils sont un peu différents. Cela concerne la couleur de peau, l’origine, l’orientation sexuelle, les opinions, la religion ou encore l’apparence.

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