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Mardi 25 Septembre 2018

Conférence OIJJ

Recommendations

Conformément aux discussions tenues pendant la Conférence Internationale, l'OIJJ voudrait faire appel aux gouvernements, aux agences publiques et aux parties prenantes pertinentes afin de prendre des mesures dans les domaines suivants :

  • En ces temps d'instabilité économique mondiale, les États devraient prêter l’attention nécessaire aux segments de la société les plus vulnérables : les enfants et les jeunes. Comme souvent dans de telles conditions la criminalité prospère, ils devraient adopter des mesures qui, d’une part, empêchent les enfants d'être impliqués dans des actions criminelles et qui, d’autre part, réduisent la récidive. Cela nécessiterait l'adoption de réformes législatives et de politiques nécessaires, conçues pour améliorer le système de protection de l'enfance et assurer une collaboration efficace et une coopération entre les différents secteurs publics, comme la santé, l'éducation et la justice.
  • Les évolutions sociales et économiques ont contribué à l'apparition des nouvelles formes de criminalité et de délinquance juvénile. Quand le crime s'est déjà produit, il est de la responsabilité des gouvernements d’élaborer des stratégies qui confrontent ces nouvelles tendances criminelles, surtout en mettant l'accent sur les droits des jeunes et des enfants. Ils devraient s’assurer que de telles mesures sont basées sur des données fiables et bien renseignées grâce à une analyse comparative. À cette fin, il est recommandé aux États de favoriser la recherche et la diffusion des connaissances entre les institutions publiques, les universitaires et la société civile, à l’échelle nationale comme internationale.
  • Souvent les périodes de crise économique sont caractérisées par des réductions budgétaires dans les secteurs publics et dans les domaines concernant la justice juvénile, et par l’importance excessive accordée aux mesures punitives suite à une rhétorique politique populiste. Les gouvernements devraient résister à de telles tendances et s’assurer que les droits fondamentaux des enfants et surtout les jeunes en conflit avec la loi, sont bien protégés tant en droit qu’en pratique. Cela nécessiterait leur pleine conformité avec les normes fondamentales internationales concernant les droits de l'enfant et la justice adaptée aux enfants. Enfin, il est indispensable qu'il y ait des mécanismes efficaces afin d’examiner et de poursuivre en justice les violations et faire respecter les droits de l'enfant.
  • Dans le contexte d'instabilité économique, l'OIJJ est bien conscient que les réductions budgétaires dans les secteurs publics et surtout dans le système de justice juvénile sont parfois inévitables. Cependant, cela devrait être considéré plutôt comme une occasion d’abandonner les politiques les moins efficaces concernant les jeunes en conflit avec la loi et de mettre l’accent sur des mesures qui apportent des gains à long terme et qui optimisent les dépenses. À cet égard, il y a de nombreuses preuves, qui montrent l'utilité de promouvoir des mesures de déjudiciarisation du système de justice juvénile; des alternatives à la détention et des méthodes de justice réparatrice, en adoptant une approche pluridisciplinaire. Etant donné la quantité de moyens financiers liés à l'incarcération, ainsi que l'inadéquation de cette mesure pour les enfants et les jeunes en conflit avec la loi, les États devraient utiliser la détention seulement en dernier recours.
  • Il est également indispensable promouvoir des politiques favorables à la famille, notamment aux familles monoparentales et aux femmes, par exemple leur faciliter le retour au travail après une période passée à s'occuper de leurs enfants, en promouvant des politiques élaborées afin de rendre possible l’entrée dans ou le retour sur le marché du travail et de regagner une indépendance financière. Dans ce sens, les pays de l'Union européenne devraient apprendre des pays scandinaves et de la France, qui appliquent les meilleures pratiques en matière de politiques familiales (avec un investissement public important, une vaste gamme de mesures et de services qui soutiennent les familles, la prestation de services de garde pour les enfants, un fort taux d'emploi des femmes avec des jeunes enfants, etc)
  • En période d'austérité, les gouvernements doivent lutter contre l'impact de la récession sur le bien-être des jeunes, en mettant en œuvre des mesures compensatoires qui empêchent les familles et les enfants de s’appauvrir. L'OIJJ avertit notamment du risque des réductions des dépenses d'éducation, en mettant l’accent sur la relation entre l'investissement dans l'éducation et dans la croissance économique, la productivité et la réduction de l'inégalité sociale. L’accès aux services de santé de première nécessité et aux services sociaux doit rester une priorité afin de protéger les personnes les plus vulnérables, réduire les inégalités sociales et lutter contre l'exclusion sociale et contre la pauvreté, notamment contre la pauvreté infantile. En outre, il convient d’accorder une attention spéciale aux enfants de familles autochtones, immigrées ou réfugiées, qui sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté et d’être confrontés aux problèmes, en luttant contre la discrimination envers les membres de leur communauté d'origine.
  • Néanmoins, dans le cas où la détention est inévitable, les États devraient s’assurer que les droits du jeune en conflit avec la loi, à l'aide médicale et psychologique et le droit de vivre à l’abri de la violence, soient suffisamment protégés en loi et en pratique, en adoptant des garanties appropriées dans des centres de détention. Les gains sociaux et économiques à long terme d'inclusion sociale et professionnelle ont été largement reconnus dans le monde entier. Par conséquent, les gouvernements sont conseillés d’utiliser largement dans des centres de détention des programmes personnalisés et globaux qui se concentrent sur l'éducation, la formation professionnelle et les interventions en matière de santé. De telles mesures ont un grand potentiel pour les jeunes en conflit avec la loi, et garantissent leur réinsertion dans la société, en réduisant le risque de récidive et ainsi, le délit en général.

 

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