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Vendredi 24 Janvier 2020

Salle de Presse

Interviews OIJJ - Interview Thématique de l'OIJJ - « Délinquance juvénile liée à l'usage de drogues » - Espagne

Thursday 15th of December 2011 | National, Espagne

Interview thématique dans le cadre du PROGRAMME 'PREVENTION OF AND FIGHT AGAINST CRIME' - DREJC 'Drug - Related and Juvenile Crime' (JLS/2007/ISEC/500) - en raison de la participation active des experts suivants: M. Rafael Forcada Chapa, Mme. Gabriela Silvosa Rodríguez et Mme. María Jesús Justo Nieto, avec la collaboration de la Fundación Diagrama - Intervención Psicosocial (Espagne), membre et participant actif du présent programme européen.


Quel est votre rôle ou votre fonction dans le domaine de la délinquance juvénile liée à l’usage de drogues ? Ou plus précisément, liée aux jeunes impliqués dans des crimes en raison de leur consommation/addiction à la drogue.

Rafael Forcada Chapa.- Je suis psychiatre dans le centre éducatif – je m’occupe de la détention thérapeutique des jeunes qui ont été condamnés pour usage de drogues lié à d'autres troubles mentaux.

Graciela Silvosa Rodríguez.- J’ai travaillé comme pédagogue dans les équipes techniques de traitement des prisons. J’ai également travaillé comme sous-directrice de traitement. J’ai ensuite travaillé en tant que chef de service des programmes carcéraux pour la Délégation du Gouvernement pour le Plan National des Drogues, où j’ai collaboré au lancement de la Stratégie Nationale Anti Drogues, et plus concrètement, aux mesures pour le domaine des sentences : extension des programmes de réduction des dommages à tous les centres pénitentiaires et extension des programmes de drogues dans les commissariats et les tribunaux.
Actuellement, je suis Conseillère Technique de la Délégation du Gouvernement pour le Plan National contre la Drogue (Ministère de la Santé et de la Politique Sociale), où je fais essentiellement :
- Développement de systèmes d’information sur les programmes, projets et recherches qui ont eu lieu concernant les mineurs contrevenants, arrêtés et détenus qui ont des problèmes de consommation ou de dépendance à la drogue.
- Collaboration pour la conception et le développement de politiques de prévention et de traitement des drogues dans le système pénal y compris les mineurs contrevenants, comme cela s’est fait pour la dernière Stratégie sur la drogue adoptée.
Mettre en valeur les derniers travaux publiés : Enquête sur la Santé et les Drogues et Agir est Possible en Prison.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Psychologue. Programme Lazarillo - Cáritas. L’Unité d’Intervention Educative s’occupe des cas de jeunes à problèmes liés à l’usage de drogues qui ont commis un crime et ont été condamnés. Elle promeut des mesures psycho-éducatives complètes pour le jeune et pour sa famille, à travers des entretiens individuels et des entretiens collectifs.
Quand cela s’avère nécessaire, on fait appel à des experts (consultation juridique, services médicaux, orientation professionnelle, programmes de formation, etc).
Le rôle de ces experts est de travailler sur les aspects éducatifs, personnels, et familiaux qui peuvent contribuer d’une certaine manière à l’arrêt de la consommation de drogue, à la réduction des facteurs de risque, et à la promotion des facteurs de protection.

1. Qui sont les jeunes consommateurs de drogues ?

Pouvez-vous dresser un profil type d’un jeune toxicomane ?

Rafael Forcada Chapa.- Il existe une vaste typologie des jeunes qui ont commis des délits liés à l'usage de drogues, qui peut se résumer comme suit:
1- Les jeunes ayant des troubles de comportement antérieurs, et dont les troubles du comportement prévalent sur les troubles liés à l’usage de drogues. Le médicament provoque souvent une augmentation de la fréquence et de la gravité du comportement asocial qui existait dans l'enfance. Ils commettent souvent des crimes de toutes sortes (avec ou sans violence envers la famille ou des étrangers), qui sont l'expression d'un manque de contrôle que produit les drogues sur leur comportement et la recherche de moyens pour s’en procurer. C’est à la fois pour le plaisir et les émotions que cela leur procure, mais aussi pour obtenir un bénéfice qu’ils commettent ces crimes qui peuvent leur être profitables ou non (par exemple : conduite dangereuse, bagarres, etc).
2- Les jeunes présentant un trouble de toxicomanie sans autre comorbidité. Ce sont des jeunes qui ont eu un développement et un comportement relativement normal jusqu’à l'émergence de la dépendance. C’est l'usage de drogues qui fait qu’ils commencent à perdre leur intégration scolaire et familiale et des conséquences psychologiques (irritabilité, anxiété, dépression ...) commencent dès lors à se manifester. Ils ont souvent été accusés de violence au sein de leur famille, du moins dans les premiers stades de la dépendance. Après des années, il arrive qu’ils se tournent vers d’autres types de crimes pour financer leur consommation.
3- Les jeunes qui présentent une psychopathologie de type I (troubles psychiatriques) en conjonction avec la toxicomanie. Ils sont une minorité, parce que l'existence de la maladie mentale dans l'adolescence rend très difficile la socialisation et donc l'accès à des substances, mais ce sont ceux qui présentent le plus mauvais pronostic.

Graciela Silvosa Rodríguez.- La majorité des jeunes ne sont pas dépendants, d’après les enquêtes que nous faisons (Enquête scolaire sur les drogues, ETUDES est une enquête concernant les jeunes de 14 à 18 ans qui est réalisée tous les deux ans), il existe un pourcentage de jeunes qui s’initient et expérimentent les drogues, la majorité avec des drogues légales (tabac et alcool) bien qu’un pourcentage significatif le fasse également avec le cannabis. Ceci ne signifie pas qu’ils soient dépendants, il faut distinguer l’usage, l’abus et la dépendance (Voir les résultats de ces enquêtes sur la page web du Plan National Anti Drogues (Plan Nacional sobre Drogas)).
Je crois que la question est mal formulée. Si on parle de faire un profil du mineur contrevenant, on peut remarquer, d’après différentes études, qu’une des variables ou des facteurs de risque est la consommation de drogues. Les jeunes infracteurs s’y initient plus jeunes et expérimentent plus que les jeunes non infracteurs. Via la Délégation, nous avons subventionné diverses études du SIAD et du CEPS sur ce thème, les résultats ont été publiés dans nos mémoires annuels.
Je voudrais aussi rappeler l’Enquête sur la Santé et la Consommation de Drogues au sein de la population carcérale 2005-2006. De celle-ci ressortait :
- Un nouveau profil de détenus; si nous prenons en compte la variable âge, les jeunes détenus présentent une consommation de drogues différente des plus âgés, pour lesquels on remarque l’usage de stimulants, c’est-à-dire la consommation de cocaïne.
- On peut aussi souligner qu’un pourcentage significatif avait vécu l’expérience d’être en centre pour mineurs.
- L’importance des facteurs sociaux dans le domaine de la santé.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Les jeunes ont entre 14 et 22 ans, sont en grande partie de sexe masculin, la plupart consomme du tabac, bien qu’il y a une meilleure perception du risque par rapport au tabac que par rapport à d’autres substances.
Les habitudes de consommation changent avec l'âge, d’abord de l’alcool aux joints, et s’ils changent pour une autre substance, ce sera les amphétamines, et puis la cocaïne. Les jeunes qui viennent dans le centre en raison de problèmes liés à la cocaïne ont généralement aussi un problème avec l’alcool (les jeunes entre 17 et 22 ans). La majorité d’entre eux viennent en raison d’une consommation à la fois de marijuana, de hash, et d’alcool (joints journaliers, consommation d’alcool en dehors du week-end associée à la pratique des soirées alcoolisées à domicile).
Concernant leur personnalité, ils semblent manquer d’aptitude à contrôler leur impulsivité, ont un comportement perturbateur dans leur famille, dans les centres éducatifs, dans leurs groupes,… ce qui mène a un comportement violent, dans certains cas envers leur amis et leur famille, presque toujours envers leur mère, et à peu de résistance aux sentiments de frustration. Certains de ces jeunes souffrent de maladie mentale, telle que le TDAH.

Y a t-il une tranche d’âge ou un sexe particulier ?

Rafael Forcada Chapa.- Chez les consommateurs de cocaïne et d'héroïne, se confirme le phénomène de l'escalade, c'est à dire en commençant par le tabac, puis la bière et le cannabis, pour passer à des boissons plus fortes avant d’en arriver aux autres drogues illégales.
Il semble être une constante chez les adolescents avec des dépendances sévères de commencer la consommation du tabac entre 10 -12 ans, et du cannabis avant l'âge de 14 ans.
De même, il semble y avoir une étape cruciale de la transition entre l'usage et la dépendance, qui est la première étape vers l'ESO, qui suppose le changement de phase éducative, changement d'école et de groupe social, en parallèle d’une supervision du mineur par le centre.

Graciela Silvosa Rodríguez.- A partir de 16 ans l’usage/abus de drogues ainsi que les actes délictueux augmentent. Mes sources sont les travaux cités plus haut et les statistiques du Ministère de l’Intérieur.
La variable du genre, dans le cas des femmes, est un facteur de protection bien que, d’un point de vue historique, le nombre de femmes ayant des comportements criminels ait augmenté. Il y a différentes hypothèses criminologiques sur le sujet. Dans une perspective de genre, la théorie qui met l’accent sur les facteurs sociaux d’exclusion, de « féminisation de la pauvreté » paraît plausible.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Il y a trois étapes dans l’adolescence, qui sont aussi définies par certains auteurs :
13 – 15 début de l’adolescence; 15 – 17 période intermédiaire de l’adolescence et 18 – 21 fin de l’adolescence. Les jeunes qui se trouvent à l’âge intermédiaire de 15-17 ans peuvent passer par une période difficile de gestion de leurs différents problèmes ; ils ne les comprennent pas. Dans ce cas, travailler avec la famille est fondamental, ainsi que dans les cas où le travail est mené uniquement avec la famille.

Pouvez-vous décrire le contexte culturel, social, et familial d’un jeune toxicomane ?

Rafael Forcada Chapa.- C’est assez varié et il existe toutes sortes de contextes différents. Parmi les cas que nous voyons dans le centre éducatif - thérapeutique (même si cela est probablement biaisé, puisque ce sont les cas les plus graves qui entrent dans ces centres), se trouvent:
- Des Jeunes venant de familles à forte prévalence d’addiction aux drogues et à la délinquance. Des jeunes venant de familles déstructurées, avec une mauvaise supervision parentale. On leur transmet des valeurs antisociales via leur éducation. Ils ont tendance à répéter les comportements criminels de leurs parents. Les familles peuvent aussi avoir faire l’objet d’une intervention des services sociaux et ont souvent passé de plus ou moins longues périodes dans des centres d’accueil.
- Des jeunes issus de familles à structure formelle adéquate (mais souvent dysfonctionnelles au niveau de leurs relations).
- Des jeunes étrangers. Des magrébins seuls ou des latinos américains qui sont avec leur famille, mais avec peu de surveillance de la part des parents (souvent seulement de la mère). Dans les deux cas, l’initiation à la consommation se produit en bandes, favorisée par le sentiment d’identité autour de la perpétration de crimes, et à la satisfaction des besoins de subsistance.

Graciela Silvosa Rodríguez.- Une description du mineur toxicomane et en conflit avec la loi ressort des travaux cités ci-dessus :
- En général, un contexte pauvre en stimuli et qui présente une déstructuration et/ou des disfonctionnements familiaux.
- Un haut taux de décrochage et d’échec scolaire.
- Manque d’attitude positive face à l’étude. En général, il y a un manque de planification, de projets à long terme.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Dans la majorité des cas, il y a des problèmes d’échec scolaire et d’absentéisme. Ils ne finissent généralement pas l’école secondaire, c’est pourquoi cela vaut la peine d’envisager qu’ils commencent un cours de qualification professionnelle. Une fois inscrits dans un de ces cours, l'absentéisme et les problèmes dans le Centre éducatif diminuent considérablement. Ils se sentent plus motivés et ont un profil plus adapté aux professionnels qui travaillent à leurs côtés.
Leur profil social n’est pas nécessairement lié à des familles décomposées ou à des quartiers marginalisés ; leur profil social est très diversifié, les jeunes ayant parfois des antécédents familiaux normaux. On suppose que ces jeunes ont manqué de limites claires et de conseils pendant leur enfance.

2. Quelles sortes de drogues sont generalement utilisees ou consommees ?

Pouvez-vous établir une liste des stupéfiants qui sont utilisés ou consommés ?

Rafael Forcada Chapa.-
- Parmi les jeunes délinquants, la consommation régulière de tabac, de cannabis, et de boissons peu alcoolisées, est pratiquement la norme.
- Il existe une gamme importante (probablement plus de 50% des mineurs délinquants) qui consomment de la cocaïne par voie nasale et / ou d'autres stimulants de manière fréquente, sans avoir encore établi une dépendance claire. Ceux-ci vont progressivement et rapidement se diriger vers une dépendance complète à la cocaïne et abandonnent alors simplement les autres stimulants.
- Les jeunes dépendant au crack (cocaïne) et / ou l'héroïne sont une minorité, même si il ya eu une recrudescence de la consommation d'héroïne chez les jeunes ces dernières années.
- Les jeunes Latinos ayant des comportements criminels, sont invariablement consommateurs de marijuana et abusent souvent de benzodiazépines à doses élevées (Rivotril, Trankimazin, etc) avec de l'alcool. A ceci se rajoute la consommation de cocaïne par voie nasale.
- Parmi les jeunes originaires du Maghreb, il est très commun de consommer des substances inhalées (et du cannabis).

Graciela Silvosa Rodríguez.- Je rappelle ce que j’ai dit à la question 1, d’après les enquêtes que nous faisons comme l’Enquête scolaire sur les drogues (ETUDES est une enquête concernant les jeunes de 14 à 18 ans qui est réalisée tous les deux ans), il existe un pourcentage de jeunes s’initient et expérimentent les drogues, la majorité avec des drogues légales (tabac et alcool) bien qu’un pourcentage significatif le fait également avec le cannabis. Concernant la consommation des jeunes contrevenants, on remarque une consommation plus importante tant de ces drogues que d’autres, illégales et psychostimulantes comme la cocaïne.

Mª. Jesús Justo Nieto.- 99% consomme du tabac. L’alcool est consommé durant les week-ends -notamment lié au fait de boire en rue. Beaucoup consomme du cannabis (principalement marijuana, mais aussi du hash). Certains consomment des amphétamines telles que le speed et le crystal “M”, et de la cocaïne. Et certains jeunes à partir de 18 ans consomment de la cocaïne et de l’alcool, lié à un phénomène de sociabilisation durant les weekends.

b. Pouvez-vous nous éclairer sur les tendances de consommation chez les mineurs ?

Rafael Forcada Chapa.- La règle est que la consommation est sociale et se développe au sein des groupes et dans la rue.
La consommation de stimulants et de boissons à taux d'alcool élevé, se déroule généralement le week-end dans des ambiances de fête, dans les parkings extérieurs et les discothèques. La consommation de cannabis et de bière pendant la semaine, en particulier dans les parcs publics.
C’est seulement dans le cas de la consommation de crack ou l'héroïne que la consommation se déroule seul (ou avec quelques collègues plus âgés avec lesquels les jeunes n’ont aucune autre activité en commun) et dans des endroits cachés.

Graciela Silvosa Rodríguez.- Pour commencer, je distinguerais davantage les groupes ou types de population que les espaces. Ainsi, pour les jeunes standards, on remarque que la consommation d’alcool et de tabac a lieu durant les moments de loisir. Pour les mineurs en situation de risque et mineurs contrevenants, on observe une consommation plus importante de drogues légales et illégales, qui est moins confinée à certains lieux ou moments.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Ces jeunes qui manquent souvent l’école consomment du cannabis quand ils ne sont pas en cours. Ce type de consommation se déroule également avant les cours, durant les heures de pause, et après la classe.
Quand la consommation devient plus habituelle et surtout entre 15 et 17 ans, cela devient habituel dans n’importe quelle circonstance: en groupe, dans les parcs (c’est d’ailleurs souvent associé à la consommation d’un litre d’alcool), et de cette manière peut commencer la consommation en solitaire, par conséquent à la maison.
La tendance à fumer un joint avant d’aller dormir est très habituelle. La consommation d’alcool se déroule souvent pendant les weekends, avec une tendance à la multiconsommation de tabac, de cannabis (et dans certains cas de speed et/ou de cocaïne).
Les jeunes qui consomment des amphétamines, des drogues de synthèse, le font souvent en lien avec l’écoute de la musique techno. L’alcool est principalement consommé dans les rues durant les weekends, durant les sorties. La cocaïne et/ou et speed sont consommés afin de profiter plus de la fête.
L’usage du cannabis est d’abord pour eux une façon de s’amuser, et aussi une façon de faire face à l’ennui, quand les jeunes ont beaucoup de temps libre. Dans certaines situations, l’usage de drogues se fait dans un but « thérapeutique » sert à faire face à des états émotionnels : pour se relaxer, pour perdre ses inhibitions, pour mieux dormir, et pour mieux communiquer avec les autres, etc.

3. Quels sont les crimes les plus communs que ces jeunes commettent ?

Quels crimes sont commis afin d’acheter de la drogue ?

Rafael Forcada Chapa.-
- Crimes contre la propriété, de gravité variable: agressions, attaques à main armée, menaces, etc.
- Violence familiale afin d’obtenir de l’argent.
- Délits contre la santé publique.

Graciela Silvosa Rodríguez.- L’achat de drogues en tant que tel est un délit d’après notre législation.

Quels crimes sont commis sous l’emprise de la drogue ?

Rafael Forcada Chapa.-
- Violence familiale.
- Infractions contre la sécurité routière.
- Vandalisme.
- Bagarres.

Graciela Silvosa Rodríguez.-
- Alcool : délits contre la sécurité routière, violence domestique.
- Psychostimulants : délits contre les personnes, contre la liberté sexuelle.
- Dépresseurs comme l’héroïne : crimes d’omission.

Quels types de crimes sont commis liés à l’usage de drogue, à une consommation excessive et à leur prohibition (possession, vente, trafic de drogues)?

Graciela Silvosa Rodríguez.- En Espagne, la consommation de drogues illégales n’est pas sanctionnée pénalement. La possession pour consommation non plus, y compris la possession ou livraison pour des personnes à charge (par exemple, si une mère apporte de la drogue à son fils incarcéré) que la jurisprudence a estimé comme une circonstance atténuante. La culture, la fabrication et le trafic sont sanctionnés, ainsi que promouvoir la consommation illégale de drogues et la possession dans un de ces buts. Sont également prohibés la fabrication, le transport, la distribution et le commerce de substance illicites. Tous ceci sont des délits contre la santé publique. De même, conduire sous l’influence de drogues (y compris l’alcool) est également sanctionné pénalement comme délit contre la sécurité routière.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Les mineurs du programme ne commettent généralement pas de crimes. Ceux qui en ont commis ont généralement commis les crimes suivants :
- Crimes contre l’intégrité physique (blessures, bagarres, mauvais traitement de la famille).
- Crimes contre la sécurité routière (conduite sans permis de conduire et sous l’influence de l’alcool).
- Crimes contre la santé publique (vente de cannabis).
- Crimes contre la propriété (vols, principalement de téléphones portables, ordinateurs, consoles de jeux ; dégâts dans les maisons).

Les bagarres se déroulent durant l’emprise de ces substances. Les vols ne se passent généralement pas sous l’influence de ces substances, de même qu’ils ne se produisent pas en raison du manque de ces substances, étant donné que nous ne considérons pas que ces jeunes aient une dépendance et donc qu’ils ne souffrent pas de symptômes de sevrage. Cela peut arriver dans certains cas, généralement avec des jeunes qui consomment du cannabis, mais ce n’est pas très habituel. Les vols ont généralement été commis pour disposer d’une certaine quantité d’argent et pour le dépenser en vêtements, en , pas nécessairement pour l’usage de drogues.

4. Approche et methodes d'assistance et d'intervention

Pensez-vous qu’il y ait un lien entre les différents types de substances narcotiques utilisées ou consommées à l’excès et les types de crimes commis par les jeunes ? De même concernant les Stratégies dans les Systèmes de Justice Juvénile ? Si oui, quels sont-ils ?

Rafael Forcada Chapa.- Il n’existe pas un tel lien. Le comportement asocial est l'expression de la vulnérabilité des mineurs dans différents domaines (psychologique, familial, scolaire, social, etc) et dans ces cas-là, la consommation de drogues est une expression supplémentaire d’un trouble du comportement. Chaque adolescent qui commet des crimes peut le faire indépendamment de la consommation de drogue influençant son comportement.
Concernant le type de mesures nécessaire, il est indispensable que celles-ci garantissent l’abstinence la plus totale possible de ces substances toxiques. Aujourd'hui, on sait que le développement du cerveau humain ne s'arrête pas avant 21 ans et que la présence de drogues dans le système nerveux à ces âges détermine la structure et le fonctionnement même de celui-ci, et donc que l’adulte que deviendra le jeune consommateur sera affecté sur certains aspects tels que l’impulsivité, la capacité d’organisation, et un manque de besoin de reconnaissance.

Graciela Silvosa Rodríguez.- Selon les travaux publiés :
- L’héroïne est liée aux délits de propriétés.
- Les psychostimulants, aux délits contre les personnes et la liberté sexuelle.
- L’alcool, aux délits de violence domestique et de sécurité routière.

Ces affirmations nécessitent cependant davantage de recherches. Ainsi, pour les crimes contre la sécurité routière il faudrait mesurer la consommation des autres drogues de la même manière qu’on le fait pour l’alcool. Le monde judiciaire connait bien les effets dévastateurs de l'héroïne. Selon des études fondées sur l’analyse de jugements et des entretiens avec des juges, on verra plus facilement des problèmes de dépendance/toxicomanie chez les personnes qui consomment de l'héroïne, et il est donc plus facile de mettre en œuvre des alternatives à l'incarcération. Cependant, il faut prendre en compte le type de crime. Tandis que les utilisateurs d'héroïne ont montré un profil criminel moins dangereux (crimes contre les biens: vol avec effraction et de vol), les consommateurs de psychostimulants font en général preuve de comportements criminels qui créent une plus grande agitation sociale (crimes contre la liberté sexuelle, violence domestique, blessures), de sorte que dans certains milieux, on parle de ne pas considérer l'usage de drogues comme circonstance atténuante ou comme défense parce que les drogues sont utilisées pour se désinhiber et mener à bien un délit prémédité.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Avec certaines substances, oui, il y a un lien, mais pas pour tous les mineurs. Si on considère que la consommation de substances détermine la perpétration de certains crimes, il est dès lors nécessaire que les condamnations soient de nature éducatives et non punitives et qu’ils abordent le problème réel à la base de la perpétration du crime, à savoir la consommation de drogue.

Quels acteurs sont impliqués dans ce type de conflit ?

Rafael Forcada Chapa.- Basiquement, ceux mentionnés ci-dessus. Travailler avec la famille, comme environnement dans lequel le mineur a développé des problèmes et poursuivra son développement futur, est essentiel. L’insertion sociale et au travail, comme forme d'autonomie par rapport au milieu familial parfois conflictuel, est une priorité pour renforcer les acquis.

Graciela Silvosa Rodríguez.- En général, la gestion des centres pour mineurs et de nombreuses mesures est laissée à des ONG ou ASBL, mais la supervision et le suivi de celles-ci est à charge de l’administration régionale.
Le rôle du secteur privé serait plus de parrainer et financer certaines mesures.
Le rôle de l’administration devrait être plus efficace, étant donné qu’il s’agit de privation de droits et de mineurs, la logique serait que le suivi et la supervision des mesures soit plus intense que dans le cas d’adultes contrevenants. De fait, plusieurs rapports critiquent la gestion de cette matière, spécialement les rapports du Défenseur des Mineurs.
Le rôle de la justice la réponse judiciaire doit être plus rapide et proportionnée. Afin que la mesure soit éducative, elle doit être juste et intervenir à temps pour que le jeune la perçoive comme une conséquence de son comportement. C’est un principe de base de l’apprentissage social qui n’est malheureusement pas respecté dans de nombreux cas. Ainsi, on considère et on informe le public que l’échec vient de la durée des peines mais pas la façon dont celles-ci sont appliquées.

Il est évident que le jeune, comme sa famille, sont impliqués dans le litige puisqu’ils sont directement concernés, et dans de nombreux cas les mesures exigent une participation plus importante ou plus active de l’entourage familial, ce sont les mesures de médiation.
Il ne faut pas non plus oublier la victime, généralement un mineur également avec sa famille, qui devrait avoir un rôle plus actif, mais avec la médiation d’équipe techniques professionnelles (pédagogues, criminologues, etc).

Mª. Jesús Justo Nieto.- Les acteurs les plus importants sont le jeune et sa famille. Ensuite, le centre éducatif, les professionnels liés à leurs loisirs. Et pour finir, une rechute dans ce qui a initialement causé des conflits.

Quelles sont les stratégies d’intervention et d’assistance disponibles ?

Rafael Forcada Chapa.- Dans notre région, des programmes spécifiques de prévention secondaire pour les adolescents à risque, par les unités de prévention communautaire (autorités locales) et par l'Unité de conduites addictives (ministère régional de la Santé) pour le traitement.

Graciela Silvosa Rodríguez.- Concernant la consommation de drogues, les stratégies existantes sont :
- Programmes thérapeutiques dans certains centres pour mineurs.
- Centres thérapeutiques pour l’internement de mineurs.
- Donner des ressources auxs centres pour la réintégration ans la communauté des mineurs récemment relâchés.

D’après des rapports publiés, se dégage un manque de centres et programmes thérapeutiques orientés pour les mineurs contrevenants.
On manque également de programmes de prévention, comme ceux qui sont utilisés dans les écoles, on devrait les mettre en œuvre dans tous les centres d’incarcération en les adaptant aux caractéristiques de ceux-ci. Il faut surtout prendre en compte qu’il s’agit d’une population à risque, l’idéal serait de développer des programmes de prévention sélective et indiquée pour ces contextes.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Il y a des programmes de Mesures de Prévention Indiquées qui fonctionnent avec les jeunes qui ont approximativement entre 13 et 22 ans. Ces jeunes consomment de la drogue mais ne sont pas dépendants. Le principal problème de ces gens se situe dans l’éducation, le travail et la famille, et la consommation n’est pas la cause du problème mais y contribue.
Ces programmes fonctionnent avec les jeunes et leur famille, à travers des interviews individuelles et collectives et avec toutes les personnes proches du jeune, dans le but de renforcer les facteurs de protection et minimiser les facteurs de risque (dans les centres éducatifs…). Il y a des écoles pour les jeunes et des centres éducatifs pour les familles.
Il faut contrôler la consommation via les contrôles d’urine, mais pas toujours. Si ces contrôles ne sont pas possibles, il est mieux de prévoir une supervision.
Quand elles sont possibles, ces interviews se tiennent dans un environnement normal (centre de santé, paroisses, clubs sociaux) dans le but d’éviter la stigmatisation, étant donné que les mesures de prévention sont généralement liées aux programmes de traitement pour toxicomanes.
Quand il y a un problème de santé, le professionnel responsable est appelé (un docteur du programme de prévention, Santé mentale des enfants-des mineurs).
Les situations à risque sont évitées à tout moment, à travers des mesures de normalisation et à travers la recherche d’alternatives au sein la communauté.
Dans les situations dans lesquelles la famille n’apporte pas de protection et ne peut être impliquée aux programmes ambulatoires, il existe des centres thérapeutiques de régime interne. Dans ces cas-là, on suppose que le jeune a besoin d´être admis dans un centre pour s’assurer de la fin de cette situation, comme une mesure de limitation, étant donné que ce procédé, qui devrait normalement être assuré par la famille, doit être assuré par le centre.
Ces cas sont généralement le résultat d’une décision de justice pour protéger les mineurs. Les centres sont organisés avec le Centre de Castille-Leon. Lorsque c’est la famille qui a décidé d’admettre leur enfant dans un centre, le coût est beaucoup plus élevé, ce qui entraîne beaucoup de famille à dénoncer leurs enfants à la police afin de les faire entrer dans un de ces centres. Pour les jeunes qui souffrent de problèmes de santé mentale, il y a des centres pour mineurs dans les centres hospitaliers.
Les PAF, PIF (programmes d’aide aux familles), les mairies ou les équipes de conseil, qui travaillent avec le noyau familial entier, avec un psychologue et un éducateur, procèdent à une évaluation à la maison. Quand un jeune est admis dans un centre par l’Unité pour Intervention Educative, qui est le modèle pour les mesures éducatives pour jeunes en liberté surveillée, le suivi de la consommation et le suivi de la famille est requis ; mais dans le rapport final, les questions des changements intervenus dans ces domaines (école, famille, consommation, loisirs et temps libre, etc) sont abordés prioritairement, et pas seulement la question de la consommation. Nous avons discuté le principe de la peine pour s’assurer que tous les domaines du changement éducatif du jeune soient pris en compte.

Quelles mesures vous semblent efficaces en relation avec ce domaine et quelles mesures ne le sont pas ?

Rafael Forcada Chapa.- Il n'y a pas de programmes ou de centres de traitement de la toxicomanie spécialement conçus pour les mineurs. Il devrait y en avoir, de la même manière qu’il y en a pour santé mentale pour les troubles mentaux.

Graciela Silvosa Rodríguez.- Globalement, je soulignerais comme points forts :
- Que la loi sur les mineurs inclus une vaste gamme de mesures éducatives.
- Dans cette même loi, on insiste sur l’importance des équipes techniques.
- Baisse l’application des peines d’emprisonnement.
- Ni les juges ni les experts, en général ne plaident pour un durcissement des peines.
- Besoin de plus de ressources, humaines et matérielles.
- Peu de coordination entre les instances impliquées : Judiciaires, policières et sociales.
- Manque de sensibilisation du public concernant les mesures efficaces pour réduire la délinquance.
- Trop de politisation de cette matière, dans le sens négatif du terme et trop peu de politiques (c’est-à dire d’actions avec des objectifs structurés et à long terme basées sur des théories empiriques).

Mª. Jesús Justo Nieto.- Les jeunes ayant des situations familiales compliquées ne vont pas se diriger vers les centres ouverts, puisqu’ils n’ont pas la motivation nécessaire, et ils ont besoin qu’une figure adulte qui s’assure que le jeune sera présent et qui l’accompagne dans le centre. Tout le travail fait par la famille constitue une part importante de la résolution des problèmes.
Dans ces cas-là, c’est mieux de travailler avec un centre éducatif conjoint. Le risque est que tous les jeunes qui vivent dans ces centres tendent à avoir le même profil et il y a un risque que cela renforce ces profils, mais le résultat peut aussi être positif.
Si cela fonctionne, une implication maximale de la famille est demandée, tout en travaillant afin qu’ils restent ensemble, et tout en travaillant sur la façon de gérer ces années de conflits de plus en plus nombreux dans lesquels il y a beaucoup de variables, ce qui peut rendre la situation explosive. Il faut donc une réévaluation constante des engagements. Il faut travailler sur la réduction des risques, en se concentrant sur les comportements en cours. Il faut également assurer une coordination avec toutes les agences impliquées dans le cas des jeunes. Il faut les aider autant que possible, travailler avec les gens qui leur sont proches, en lesquels ils peuvent avoir confiance et qu’ils puissent savoir qu’ils sont là. Viser l’absence totale de consommation de substances ne fonctionne pas. Il est très difficile d’abandonner la consommation de cannabis, étant donné que c’est à cet âge que la consommation est la plus forte et elle diminue habituellement avec l’âge ou la maturité croissante de l’adolescent.
Le recours à des ressources ambulatoires, en termes de mineurs qui ne sont pas admis dans les centres, ne fonctionne pas avec les jeunes qui n’ont pas un soutien de la part de leur famille, ou qui ne sont pas impliqués dans leur procès.

5. Quelles mesures doivent etre mises en œuvre, d’apres votre experience personnelle dans le domaine ?
Concernant les consommateurs de substances narcotiques.

Quelles sont les compétences/rôles juridique(e)s ou professionnel(lle)s dans lequel il faudrait se spécialiser ?

Rafael Forcada Chapa.- Dans mon domaine de spécialisation professionnelle des conduites addictives, il faudrait se spécialiser dans le traitement des problèmes de toxicomanie chez les adolescents.

Graciela Silvosa Rodríguez.- Tous les juges pour mineurs devraient pouvoir compter sur des équipes techniques compétentes pour l’orientation, il devrait être attentif au rapport de ces équipes avant d’imposer toute mesure.
L’idéal serait de créer des structures ou plateformes de coordination : services judiciaires et sociaux. En retour, ces structures devraient être utilisées pour effectuer une surveillance étroite des mesures imposées. En ce sens, il devrait y avoir une figure formée dans le monde judiciaire et social dédiée à l'accompagnement et le tutorat de l'enfant en conformité avec la mesure, cette personne devrait dépendre de l'administration et non pas une entité privée.
Il est clair que les équipes techniques doivent être impliquées dans ces structures. En fait, ils servent de base à la médiation socio-judiciaire Une situation possible serait de mettre en place des équipes techniques travaillant en milieu fermé et d’autres en milieu ouvert, fonctionnant comme les équipes de traitement des centres carcéraux. Il manque aussi le poste d’un juge de surveillance, équivalent au juge de surveillance pénitentiaire.

Accréditation et homologation des entités gestionnaires de centres d’incarcération du secteur privé. Ces centres doivent avoir un personnel formé. Ce personnel travaillerait sous la supervision des équipes techniques décrites ci-dessus.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Les avocats devraient avoir une meilleure formation dans le domaine spécifique des mineurs.

Y a-t-il une fausse représentation de l’intervention avec ces jeunes dans le milieu juridique et professionnel ? Cela peut-il être amélioré ?

Graciela Silvosa Rodríguez.- Nous avons déjà évoqué le besoin de davantage de ressources humaines spécialisées et d’améliorer la coordination entres les instances concernées : Judiciaires, policières et sociales.

Mª. Jesús Justo Nieto.- Cela existe, parce que dans la sphère juridique, les jeunes peuvent mentir afin d’être acquittés, ils peuvent même être poussés à le faire sous les conseils de leur avocat. C’est pourquoi les jugements devraient être de nature éducative.
Nous avons abordé l’importance d’utiliser la médiation dans le procès des mineurs en tant que mécanisme de résolution des conflits.
Par ailleurs, la médiation est particulièrement efficace dans le domaine de la délinquance juvénile et elle n’est pas suffisamment utilisée.
Cette méthode spécifique ne devrait pas être sous-estimée en matière de résolution des conflits, elle est beaucoup plus éducative que le processus judiciaire (même si elle peut être incorporée dans celui-ci également). La médiation est basée sur le dialogue entre les deux parties (la victime et le délinquant), où le jeune délinquant devient conscient des conséquences importantes de sa / ses actions, et il est donc plus facile pour lui / elle de prendre ses responsabilités envers eux ; et la victime, très souvent un autre mineur, peut se sentir beaucoup plus facilement dédommagée ou du moins a l'espace nécessaire pour se sentir émotivement déchargée. Cela ne veut pas dire que c'est le but ultime, la communauté se sentant aussi plus satisfaite de cette solution beaucoup plus visible et réparatrice. On pourrait améliorer les processus d'incorporation sociale à travers l'utilisation de ressources ambulatoires. Par exemple: lorsque le jeune est dans un système fermé, nous pourrions envisager des obligations alternatives, faisant partie d’une condamnation ouverte dans les centres de soins ambulatoires (comme pour la liberté conditionnelle), après avoir passé quelque temps dans un centre fermé (centres de détention), avec l'objectif de faciliter l'insertion sociale de manière graduelle et de manière supervisée.

Quels domaines devraient être améliorés en termes de coopération et d'interaction professionnelle ?

Graciela Silvosa Rodríguez.- La détection et le traitement précoce, qui requiert de lier les politiques sociales aux politiques pénales, d’intervenir dès la plus tendre enfance dans les familles, les centres scolaires, les centres de protection, sans attendre que le comportement délictueux ne se produise. Il devrait y avoir des réponses pour les comportements pré-délictueux, des réponses socio-éducatives. Il ne faut pas oublier l’importance des facteurs sociaux dans les comportements délictueux. Cette population présente avant tout des désavantages sociaux. Il faut donc pour cela une intervention précoce dans les lieux où ils se produisent : Familles, École, Centres de protection et Commissariats de police.

Mª. Jesús Justo Nieto.- La coordination entre l'enseignement, la mise en œuvre de la prévention en classe, l'évaluation de la situation familiale des centres éducatifs qui sont en fin de compte l'endroit où le jeune passe la plupart de son temps quand la famille n'est pas présente, dans le but de générer une détection précoce du problème. L'environnement entier du mineur et les aspects et facteurs liés à la santé mentale et le domaine juridique du mineur.


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